B🌟L

Pas de commentaire

Chère Suzanne,

Pardon. Ca fait un bail. Au sens propre. J’ai encore déménagé. Au diable le nid, je pense que je me suis finalement envolée. Alors voici mon bilan. C’est pas super bien écrit mais j’avais besoin de le sortir, tel quel, dans un premier temps.

J’étais venue à Bruxelles pour faire du théâtre. Et finalement, j’ai trouvé la magie au cinéma. Ou elle m’a trouvé, c’est selon. Pour l’instant, je suis stagiaire costumes sur un long-métrage dont le tournage se déroule à 15 minutes de mon nouveau « chez moi ». Il y a un an, j’étais soignée pour dépression grave en clinique psychiatrique. Honnêtement. J’en ai chié. J’ai perdu beaucoup. J’ai blessé involontairement. J’ai invoqué des esprits. Mais, si c’est pour en arriver là après une année seulement, ça me va. Au final, je m’en suis pas trop mal sortie. Non?

Comment, en une année, passer de l’unité psy au plateau de tournage d’un film ? Mon exercice du jour sera de tenter de résumer la Chose, uniquement par écrit. Ca risque de prendre un peu plus de temps que d’habitude donc, respecte-toi, fais des breaks ☕ et – plus important – savoure-les. Une bonne pause m’a déjà sauvé plus d’un départ désastreux. Soigne la lumière🪔 et fais attention à tes yeux, non di dju ! Bref, sois CONFORTABLE🛋 et, si tu as envie de me lire, merci de t’en accorder vraiment le temps…

______________________

Depuis ma sortie d’HP en décembre 2020, j’ai éprouvé les nuances de la dépression. Pour moi, l’épreuve a été de trouver une nouvelle manière d’aimer les Humains et le Monde. Au final, je pense que j’ai changé mon fusil d’épaule. Mais le fusil est toujours là. Je l’utilise juste autrement. J’essaye de viser le positif, tu vois?

Des amis sont partis. D’autres sont venus. Mais peu sont restés. Les rencontres et/ou retrouvailles ont été enrichissantes et/ou formatrices. J’me suis pas fait chier. A quoi bon? La dépression s’est imprimée sur mon corps avec une dizaine de kilos en moins. Je n’ai plus arboré 🎄 ces formes quasi osseuses depuis mes 18 ans. Il me faudra encore un peu de temps avant d’envisager sereinement cette silhouette acquise trop rapidement. Visiblement, ça plaît aux Autres. J’aime le sexe. J’en profite. Dans le respect de l’autre – même si je blesse certainement (peut-être consciemment mais jamais volontairement). Pardon. Pardon à ces amitiés que je n’ai pas entretenues. Pardon à ces amis trop vite ignorés. Pardon à ces héros que je n’ai pas eu le temps de remercier.

Tout de même, il faut que je te dise. Avant de déménager complètement à Bruxelles, un petit pèlerinage s’est imposé à moi. Je suis retournée :

  • Chez sa mère
  • Sur sa tombe
  • Sur notre plage aux serments
  • Au pied de notre appartement
  • Devant mon studio, témoin de nos premières folies
  • Devant les lieux du crime / ma dernière image de Lui, endormi
  • Dans la rue où il m’a dit vouloir construire quelque chose de beau avec moi
  • Dans le café où il m’a dit je t’aime la première fois
    Je n’ai pas encore eu la force de retourner chez son père. Amen.

Quand je suis arrivée à Bruxelles, j’ai frissonné la solitude dans toute sa froideur. Hors de mes racines et du décor qui fut le nôtre, j’ai peiné à Le retrouver. J’ai fait tourné la playlist « KVS » en boucle. J’ai hurlé « Dis, quand reviendras-tu? » de Barbara. Je L’ai supplié au travers de la Pauline de Corneille. J’ai exploré la psychologie de Lilith. En vain. Ici, à part quelques uniformes kakis rien de matériel ne le rappelle à moi. J’ai eu peur de l’oublier. Quelle tragédie ! J’avais tant besoin de Lui. Où était-il, bordel?

A travers chaque amant*, j’ai essayé de Le retrouver. Je plaide coupable, j’y ai pris du plaisir. Pour retrouver le goût, il me fallait aussi redécouvrir mes désirs, sans Lui. Je me suis alors permise d’explorer, de lâcher-prise et de m’écouter. Je me suis progressivement reconnectée à mes sens et à ma féminité primordiale. Cela a induit d’office un plus grand respect de moi-même et de mes limites. Le droit de dire « non » m’a octroyé la liberté de dire « oui », et que le « oui » est grand.

*par « amant » j’entends les vrais. Ceux qui restent. Le temps d’une aventure (paragraphe ou chapitre), tu vois?

Je tire des enseignement de ces rencontres. Par exemple, le profil du mec « nerveux, sec et charismatique » qui m’attire coïncide généralement avec des blessures générant une instabilité chez l’individu (blessé) convoité qui le mènera probablement à m’abandonner. Je suis attirée par ce genre d’homme surtout parce que – par fainéantise – mon cœur va se dire que c’est une bonne idée de réagir face à ce type de gars. En gros, parce que j’ai été abandonnée, je vais inconsciemment rechercher l’abandon. Si si, je suis toujours en thérapie.
Alors comment j’ai fait? Je suis curieuse alors j’ai testé. J’ai profité des moments, consciente parfois que ca serait les derniers. J’ai partagé des histoires dans le meilleur des cas. Parfois, je me suis attachée – une piqûre de rappel quant à mon humanité émotionnelle. Souvent, je me suis amusée : la bienveillance, le respect et la communication constituant les bases du Jeu. Dans le cas contraire, j’ai tourné les talons. C’est arrivé plus d’une fois. Sans regrets 😘

_______________________

Son absence fut implacable lors des refus successifs du Conservatoire et de l’INSAS. De même, j’aurais bien eu besoin de Ses milles talents lorsque j’ai perdu mon travail. Je L’ai insulté vertement lorsque le CoVid a frappé le court-métrage que je co-réalisais pour le Nikon Film Festival. En même temps, quand on choisit « Cauchemar » pour titre, fallait pas s’attendre à un tournage de rêve… Dans ce projet, au final, le Dream, je l’ai trouvé dans la Team. Et ça me va.

Bref, j’avoue. À nouveau, j’ai baissé les bras. Quand j’ai appris qu’une sœur d’armes ( – la Vérité, l’HP, ça tisse des liens😅 – ) avait eu l’idée brillante de mettre fin à ses jours en octobre (comme Lui LOL), je me suis programmé un nouvel entretien avec la Faucheuse – face to face, un peu comme l’année dernière. J’écris cette phrase comme s’il y avait une quelconque logique, un lien de cause à effet mais je n’oublie pas que – quand il s’agit de suicide – il y en a peu ou il y en a trop, au choix. J’ai avalé mes médocs à coup d’alcool et c’était reparti pour un tour. J’ai fait ça aux alentours d’Halloween et de la Toussaint, la Mort est toujours plus prégnante à ces époques-là.

Actuellement, il m’est impossible de me souvenir de Son odeur. Depuis quelques mois, je m’initie aux méthodes de l’Actor Studio (Stanislavski, Strasberg, etc.). La mémoire affective* en est l’un des principaux outils. Quand on parvient à invoquer correctement cette dernière, il paraît que certaines odeurs du passé peuvent réapparaître. Un jour, peut-être, Son odeur s’imposera à nouveau à moi, au détours d’une rue, dans un aéroport, parmi les étals d’un marché. Donc je m’y prépare. Le choc sera violent avant d’être savoureux #asusual

*(PSYCH.) Mémoire affective : Reviviscence d’un état affectif ancien, reviviscence s’effectuant indépendamment de toute représentation consciente, ou du moins antérieurement à l’acte de prise de conscience«  (Foulq. 1971). La mémoire affective paraît, tantôt comme un réconfort, tantôt comme un moyen de retrouver un passé perdu, tantôt pour apporter une dimension esthétique (E. Jackson, L’Évolution de la mémoire involontaire dans l’oeuvre de M. Proust,Paris, Nizet, 1966, p.20). [https://www.cnrtl.fr/definition/MEMOIRE]

Le principe est de bien cerner ses blessures émotionnelles pour pouvoir au mieux les exploiter à l’écran. Cela implique un travail d’introspection digne des meilleures thérapies psychanalytiques. Alors oui, ça peut être douloureux. C’est jamais agréable de fouiller dans sa propre merde, tu comprends? Mais parfois, mettre sa merde💩 en boîtes bien ordonnées et étiquetées, ça rassure. Pas de pression, le rangement ne sera jamais vraiment terminé. Mais – c’est comme pour le ménage – le tout c’est de s’y mettre. Et puis, dans mon cas, la possibilité de retomber sur Son odeur dans les méandres de ma mémoire affective vaut bien l’effort de mettre de l’ordre dans quelques vieux dossiers sentimentaux douloureux.

Tout ça pour dire que le personnage🎬 de l’actrice en désintox, humiliée et en retard sur son tournage que j’incarnais à l’Atelier ne m’a pas aidé à conserver l’Equilibre. Ne t’inquiète pas, j’ai trouvé la résilience nécessaire dans mon inconscient pour me sauver encore une fois de mes merdes. Mais le plus important c’est qu’en parallèle du premier rendez-vous avec la psychiatre bruxelloise qui m’a été attribuée, j’ai pratiqué un rituel/cure chamanique qui s’appelle le Kambo🐸 et durant lequel on vomit beaucoup. Suite à ces deux séances purgatives, j’ai constaté une amélioration de mon acuité sensorielle, de la clarté de mes pensées et de ma perception générale du monde. En amont, j’avais aussi l’intention de voir s’il était possible de trouver du positif dans le deuil. Dans mon cas, la réponse est oui. Et c’est à peu près à ce moment-là que j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule (cf. supra). Et tout a changé, sous un filtre optimiste cette fois. Depuis, il se passe des trucs géniaux dans ma vie. Je t’en parlerai dans mes prochaines lettres.

_________________________

C’est quand j’ai ouvert mes yeux et mon cœur aux synchronicités et à mon instinct que j’ai compris qu’il était partout, en fait. Merci l’Univers, KVS., qui que tu sois💞

Meilleurs vœux,

🎀La Diva Tuberculeuse

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s